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Centre de Recherche et d'Etudes pour l'Art Préhistorique Emile Cartailhac

   

PARTICIPANTS

 

Eric ROBERT

eric.robert15@wanadoo.fr

Né le 16 juin 1979

Situation actuelle

    Docteur en Préhistoire Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

    Depuis novembre 2010 : ATER au Museum National d'Histoire Naturelle, Département de Préhistoire, UMR 7194 Histoire Naturelle de l'Homme Préhistorique (43 rue Buffon, 75005 Paris)

    Membre de l'équipe Ethnologie préhistorique du Laboratoire ARSCAN UMR 7041 (Maison René Ginouvès. 21, allée de l'Université, F-92023, Nanterre Cedex) - membre du conseil d'équipe, co-responsable du pôle sur « les Productions symboliques ».

    Chercheur associé au Centre de Recherche et d'Etude pour l'Art Préhistorique (5 allées Antonio Machado 31058 Toulouse Cedex 9), depuis 2010

Thèse de Doctorat en Préhistoire (soutenue en Décembre 2006) :

    « Les signes et leurs supports pariétaux. Analyse comparée des rapports entre les représentations abstraites et les reliefs naturels dans les grottes ornées du Paléolithique supérieur au sein de l'espace franco-cantabrique »

Thèmes de recherche

     Programme général

Mon programme de recherche porte sur les systèmes d'expression graphique des sociétés préhistoriques. La fonction du contexte et des supports des arts préhistoriques est au cœur de ces recherches.

L'objectif est de mettre en lumière les démarches, individuelles ou collectives, des artistes dans l'organisation des images au sein de l'espace souterrain, de voir comment chaque image y est construite, placée, intégrée.

Au Paléolithique supérieur, le choix des grottes comme principal support de création des œuvres graphiques est une caractéristique majeure, et un phénomène exceptionnel au regard des autres arts préhistoriques dans le monde. C'est pourquoi je m'attache à mettre en lumière le rôle de la grotte et des parois dans la constitution des dispositifs pariétaux, au travers de l'identification des modalités d'utilisation des volumes naturels, et de répartition dans l'espace.

     Recherche doctorale

J'ai initié ce travail depuis ma thèse, avec les signes comme objet principal d'étude. Reflets des capacités d'abstraction et de codification des artistes de la Préhistoire, ils constituent la majeure partie des œuvres paléolithiques, sur parois comme sur objets. De plus, ils illustrent par leur diversité graphique des identités de groupes comme des créations individuelles.

700 signes ont été étudiés directement dans 26 grottes de l'espace franco-cantabrique, par une analyse comparée détaillée des reliefs naturels qui leur sont associés, de leur emplacement dans la grotte, le tout combinée avec des données thématiques, techniques et d'associations.

La relation entre l'image, figurative ou abstraite, et son support se décline principalement selon trois modes : l'intégration (le relief naturel prend corps dans le tracé), la mise en volume (les surfaces concaves ou convexes donnent du volume à l'image), le cadrage (des lignes naturelles, fissures, crête, bords de paroi... entourent partiellement ou entièrement l'image afin de souligner son emplacement sur la paroi). Trois modalités principales, trois déclinaisons des gestes des artistes de la Préhistoire qui peuvent apparaître indépendamment les unes et les autres, ou concomitamment.

A l'échelon spatial, les images prennent également place de manière ordonnée, éclatées dans les réseaux, concentrées dans un secteur, agrégées sur une ou plusieurs parois, disposées à des endroits stratégiques du parcours souterrain...

Autant de modalités de distribution qui, pour les signes, caractérisent une tendance constante tout au long du Paléolithique supérieur (des exemples émaillent la chronologie de l'Aurignacien de l'Aldène au Magdalénien supérieur de Pestillac). Les phénomènes plus remarquables peuvent être identifiées parfois dans un territoire, pour un ou plusieurs types différents : les ponctuations larges (ou disques) des grottes du Quercy, comme les quadrilatères complexes des Cantabres, illustrent par leur lien spécifique et répétitif (voire systématique) au support, une construction propre à ces territoires : reflet d'une identité culturelle ? A l'inverse, d'autres types caractéristiques, comme les claviformes et les tectiformes, présentent dans leur territoire respectifs du Magdalénien, des constructions différentes dans les sites où ils se trouvent.

Au travers de ces analyses émergent de véritables « manières de dire », de groupes mais aussi d'individus, à l'échelle d'espace à l'étendue variable (site ou région).

     Recherchea actuelles

Afin de mieux appréhender ce phénomène, une systématisation de l'étude s'impose, ainsi qu'un élargissement vers de nouvelles dimensions. C'est le sens de mes projets de recherches en cours, approfondis sur les motifs à la marge du monde abstrait et élargis aux formes figuratives au travers d'analyses spatio-morphologiques détaillées sur un ensemble homogène.

Ces projets me conduisent à participer à plusieurs missions de terrain depuis plusieurs années, en Dordogne, dans le Centre, dans le Jura. Je participe en particulier à la reprise de l'étude de la grotte des Bernous (direction Stephane Petrognani), et à celle, inédite, de la grotte des Gorges (direction Serge David, UMR 6208). Deux sites anciens dans lesquels la structuration du décor, en particulier aux Gorges, apparaît liée étroitement aux supports naturels.

Mes recherches trouvent également leur déclinaison au sein de plusieurs programmes de recherches collectifs auxquels je suis associé, dont deux programmes ANR.

 

Le programme ANR MADAPCA (MicroAnalyses et Datations de l'Art Préhistorique dans son Contexte Archéologique, 2007-2012), traite de l'utilisation des derniers développements de plusieurs outils et méthodes pour l'étude de l'art préhistorique, dans les domaines des analyses de pigment, datation, taphonomie et enregistrement des images.

Je participe dans ce cadre à l'expérimentation de plusieurs outils de numérisation 3D appliqués aux images comme aux contextes, et travaille en parallèle à la mutualisation et la coordination de supports d'analyses variés pour élaborer des systèmes d'information archéologiques. Je mène ces travaux se mènent en collaboration avec des chercheurs du Museum national d'Histoire naturelle, du Centre de Recherches et de Restauration des Musées de France (C2RMF), du Centre National de Préhistoire (CNP), et de l'Ecole Nationale Supérieure de Géographie (ENSG).

Dans ce cadre, j'ai notamment pu expérimenter par la photogrammétrie, la numérisation 3D de panneaux à une résolution suffisamment précise pour permettre une capture détaillée des gravures même fines, et de leur environnement naturel et graphique direct (dans les grottes de Rouffignac et Blanchard).

Le programme ANR PreHart (« Les arts de la préhistoire et la dynamique culturelle des sociétés sans écriture » 2010-2014) a pour objectif scientifique d'étudier les divers types de rapports que l'art entretient avec la société, par la confrontation de cas concrets issus des grottes et abris du Paléolithique supérieur européen, du Néolithique du Levant espagnol, de l'âge du Bronze (Mont Bégo et Mongolie), des arts rupestres du Sahara, du Tchad, de Namibie, et d'Australie.

Dans le cadre de ce projet, je participe notamment à une reprise de l'analyse des signes, de leurs constructions et combinaison préférentiels, à l'appui de bases de données dynamiques établies sur des collaborations entre spécialistes préhistoriens, mais aussi linguistes. Ces différentes recherches permettront d'apporter des éléments nouveaux sur la formalisation de modèles des structures graphiques, et sur la compréhension des clés de combinaison des images.

Mon parcours scientifique se complète d'autres expériences de recherches, d'analyses, d'organisation et de médiation : membre de plusieurs comités organisateurs de colloques internationaux ; chargé de la constitution de plusieurs bases de données archéologiques (site de Fressignes ; sites rupestres du Mato Grosso) ; acteur d'opération de médiation culturelle (conception d'ateliers d'initiation à l'art préhistorique) avec l'association Arkéomédia, en collaboration avec Stephane Petrognani ; membre du GRETOREP (groupe de recherche et de réflexion sur l'art préhistorique associant préhistoriens, psychanalystes, anthropologues, historiens de l'art...


Enseignement / diffusion des connaissances

ATER Museum national d'Histoire naturelle (2010-2012).

Chargé de cours de mastère 1 et 2 au Museum depuis 2007 dans le cadre de modules sur les Arts Préhistoriques, le traitement de la donnée graphique et photographique, d'un séminaire doctoral sur les Complexités croissantes et évolutions. Suivi et co-encadrement d'étudiants de M2.

Chargé de plusieurs cours de licence à l'Université Paris 1 Panthéon depuis 2003. Co-responsable depuis 2012 d'un cycle sur l'actualité de la recherche en Art Préhistorique, dans le cadre d'un séminaire de mastère, doctorat et post-doctorat sur les Cultures matérielles et sociétés préhistoriques. Encadrement et suivi d'étudiants de Mastères 2 depuis 2007.

Thèmes abordés dans les cours : le rôle du support dans l'art paléolithique, la grotte de Niaux, la grotte Blanchard et les microanalyses, les abris ornés de la vallée de Fontainebleau, méthodes et outils d'analyses 3D, méthodologies des recherches dans l'art préhistorique, la photographie pour les archéologues, le relevé d'art pariétal préhistorique, l'émergence de la pensée symbolique dans la création plastique...


PRINCIPALES PUBLICATIONS

  • Robert, E. (2007). L'utilisation des reliefs pariétaux dans la réalisation des signes au Paléolithique supérieur. L'Anthropologie, t. 104, n°4, p. 467-500, 2 tabl., 22 fig., biblio. (pdf)

  • Robert, E. (2009). Les signes des grottes ornées et leurs supports naturels : apport de l'analyse de l'utilisation des reliefs dans la caractérisation d'espaces culturels au sein du Paléolithique supérieur européen. In Dhennequin, L.; Gernez, G. et Giraud J. (dirs.) (sous presse), Archéo.doct 1. Objets et symboles : De la culture matérielle à l'identification de l'espace culturel. Travaux de l'école Doctorale d'Archéologie. Actes de la 1ère Journée Doctorale d'Archéologie, Paris, 20 mai 2006, Publications de la Sorbonne, Paris, p. 37-54, 10 fig., biblio. (pdf)

  • Petrognani, S., Robert, E. (2009). A propos de la chronologie des signes paléolithiques. Constance et émergence des symboles. Anthropologie, Brno, XLVII/1-2, p. 169-180. (pdf)

  • Robert, E. (2010). L'exploitation de l'architecture naturelle des grottes au Paléolithique supérieur européen : l'exemple des signes. Préhistoire, Arts et Sociétés (Actes du colloque « L'art des sociétés préhistoriques », 28-30 avril 2008, Toulouse), t. LXIV, p. 39-50, 4 fig., biblio.

  • Robert, E. (2011). Nouvel outil pour le relevé des gravures paléolithiques et de leur contexte : l'apport de la photogrammétrie. In López-Montalvo, E. y Sebastián López, M. (coord.), El Legado Artístico de las Sociedades Prehistóricas, nuevos paradigmas de análisis y documentación, p. 151-153, 1 fig.

     

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